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l. De la vie
et du martyre de saint Thomas More se dégage un message qui traverse les siècles et qui parle aux hommes de tous temps de
la dignité inaliénable de la conscience, dans laquelle, comme le rappelle le concile Vatican II, réside «le centre le plus
secret de l'homme et le sanctuaire où il est seul avec Dieu dont la voix se fait entendre dans ce lieu le plus intime» (Gaudium
et spes, 16). Quand l'homme et la femme écoutent le rappel de la vérité, la conscience oriente avec sûreté leurs actes vers
le bien. C'est précisément pour son témoignage de la primauté de la vérité sur le pouvoir, rendu jusqu'à l'effusion du sang,
que saint Thomas More est vénéré comme exemple permanent de cohérence morale. Même en dehors de l'Église, particulièrement
parmi ceux qui sont appelés à guider les destinées des peuples, sa figure est reconnue comme source d'inspiration pour une
politique qui se donne comme fin suprême le service de la personne humaine. Certains Chefs d'État
et de gouvernement, de nombreux responsables politiques, quelques Conférences épiscopales et des évêques individuellement
m'ont récemment adressé des pétitions en faveur de la proclamation de saint Thomas More comme Patron des responsables de gouvernement
et des hommes politiques. Parmi les signataires de la demande, on trouve des personnalités de diverses provenances politiques,
culturelles et religieuses, ce qui témoigne d'un intérêt à la fois vif et très répandu pour la pensée et le comportement de
cet insigne homme de gouvernement.
2. Thomas More a
connu une carrière politique extraordinaire dans son pays. Né à Londres en 1478 dans une famille respectable, il fut placé
dès sa jeunesse au service de l'arche vêque de Canterbury, John Morton, Chancelier du Royaume. Il étudia ensuite le droit
à Oxford et à Londres, élargissant ses centres d'intérêt à de vastes secteurs de la culture, de la théologie et de la littérature
classique. Il apprit à fond le grec et il établit des rapports d'échanges et d'amitié avec d'importants protagonistes de la
culture de la Renaissance, notamment Didier Erasme de Rotterdam. Sa sensibilité religieuse le conduisit
à rechercher la vie vertueuse à travers une pratique ascétique assidue : il cultiva l'amitié avec les Frères mineurs de la
stricte observance du couvent de Greenwich, et pendant un certain temps il logea à la Chartreuse de Londres, deux des principaux
centres de ferveur religieuse dans le royaume. Se sentant appelé au mariage, à la vie familiale et à l'engagement laïc, il
épousa en 1505 Jane Colt, dont il eut quatre enfants. Jane mourut en 15 11 (sic) et Thomas épousa en seconde noces Alice Middleton,
qui était veuve et avait une fille. Durant toute sa vie, il fut un mari et un père affectueux et fidèle, veillant avec soin
à l'éducation religieuse, morale et intellectuelle de ses enfants. Dans sa maison, il accueillait ses gendres, ses belles-filles
et ses petits-enfants, et sa porte était ouverte à beaucoup de jeunes amis à la recherche de la vérité ou de leur vocation.
D'autre part, la vie familiale faisait une large place à la prière commune et à la lectio divïna, comme aussi à de saines
formes de récréation. Thomas participait chaque jour à la messe dans l'église paroissiale, mais les pénitences austères auxquelles
il se livrait n'étaient connues que de ses proches les plus intimes.
3. En 1504, sous
le roi Henry VII, il accéda pour la première fois au parlement. Henry VIII renouvela [?] son mandat en 1510 et il l'établit
également représentant de la Couronne dans la capitale, lui ouvrant une carrière remarquable dans l'administration publique.
Dans la décennie qui suivit, le roi l'envoya à diverses reprises, pour des missions diplomatiques et commerciales, dans les
Flandres et dans le territoire de la France actuelle. Nommé membre du Conseil de la Couronne, juge président d'un tribunal
important, vice-trésorier et chevalier, il devint en 1523 porte-parole, c'est-à-dire président, de la Chambre des Communes. Universellement
estimé pour son indéfectible intégrité morale, pour la finesse de son intelligence, pour son caractère ouvert et enjoué, pour
son érudition extraordinaire, en 1529, à une époque de crise politique et économique dans le pays, il fut nommé par le roi
Chancelier du Royaume. Premier laïc à occuper cette charge, Thomas fit face à une période extrêmement difficile, s'efforçant
de servir le roi et le pays. Fidèle à ses principes, il s'employa à promouvoir la justice et à endiguer l'influence délétère
de ceux qui poursuivaient leur propre intérêt au , détriment des plus faibles. En 1532, ne voulant pas donner son appui au
projet d'Henri VIII qui voulait prendre le contrôle de l'Église en Angleterre, il présenta sa démission. Il se retira de la
vie publique, acceptant de supporter avec sa fàcnille la pauvreté et l'abandon de beaucoup de personnes qui, dans l'épreuve,
se révélèrent de faux amis. Constatant la fermeté inébranlable avec laquelle il refusait tout compromis
avec sa conscience, le roi le fit emprisonner en 1534 dans la Tour de Londres, où il fut soumis à diverses formes de pression
psychologique. Thomas More ne se laissa pas impressionner et refusa de prêter le serment qu'on lui demandait parce qu'il comportait
l'acceptation d'une plate-forme politique et ecclésiastique qui préparait le terrain à un despotisme sans contrôle. Au cours
du procès intenté contre lui, il prononça une apologie passionnée de ses convictions sur l'indissolubilité du mariage, le
respect du patrimoine juridique inspiré par les valeurs chrétiennes, la liberté de l'Église face à l'État. Condamné par le
tribunal, il fut décapité. Au cours des siècles qui suivirent, la discrimination à l'égard de l'Église
s'atténua. En 1850, la hiérarchie catholique fut rétablie en Angleterre. Il fut alors possible d'engager les causes de canonisation
de nombreux martyrs. Thomas More fut béatifié par le pape Léon XIII en 1886, en même temps que cinquante trois autres martyrs,
dont l'évêque John Fisher. Avec ce dernier, il fut canonisé par Pie XI en 1935, à l'occasion du quatrième centenaire de son
martyre.
4. De nombreuses raisons militent en faveur de la
proclamation de saint Thomas More comme Patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques. Entre autres, le
besoin ressenti par le monde politique et administratif d'avoir des modèles crédibles qui indiquent le chemin de la vérité
en une période historique où se multiplient de lourds défis et de graves responsabilités. Aujourd'hui, en effet, des phénomènes
économiques fortement innovateurs sont en train de modifier les structures sociales; d'autre part, les conquêtes scientifiques
dans le secteur des biotechnologies renforcent la nécessité de défendre la vie humaine sous toutes ses formes, tandis que
les promesses d'une société nouvelle, proposées avec succès à une opinion publique déconcertée, requièrent d'urgence des choix
politiques clairs en faveur de la famille, des jeunes, des personnes âgées et des marginaux.
Dans ce contexte, il est bon de revenir à l'exemple de
saint Thomas More, qui se distingua par sa constante fidélité à l'autorité et aux institutions légitimes, précisément parce
qu'il entendait servir en elles non le pouvoir mais l'idéal suprême de la justice. Sa vie nous enseigne que le gouvernement
est avant tout un exercice de vertus. Fort de cette rigoureuse assise morale, cet homme d'État anglais mit son activité publique
au service de la personne, surtout quand elle est faible ou pauvre; il géra les controverses sociales avec un grand sens de
l'équité; il protégea la famille et la défendit avec une détermination inlassable; il promut l'éducation intégrale de la jeunesse.
Son profond détachement des honneurs et des richesses, son humilité sereine et joviale, sa connaissance équilibrée de la nature
humaine et de la vanité du succès, sa sûreté de jugement enracinée dans la foi, lui donnèrent la force intérieure pleine de
confiance qui le soutint dans l'adversité et face à la mort. Sa sainteté resplendit dans le martyre, mais elle fut préparée
par une vie entière de travail dans le dévouement à Dieu et au prochain.
Mentionnant des exemples semblables de parfaite harmonie
entre la foi et les oeuvres, j'ai écrit dans l'Exhortation apostolique post-synodale Christifdeles laici que « l'unité de
la vie des fidèles laïcs est d'une importance extrême: ils doivent en effet se sanctifier dans la vie ordinaire, professionnelle
et sociale. Afin qu'ils puissent répondre à leur vocation, les fidèles laïcs doivent donc considérer les activités de la vie
quotidienne comme une occasion d'union à Dieu et d'accomplissement de sa volonté, comme aussi de service envers les autres
hommes» (n. 17). Cette harmonie entre le naturel et le surnaturel est l'élément qui décrit peut-être
plus que tout autre la personnalité du grand homme d'État anglais: il vécut son intense vie publique avec une humilité toute
simple, marquée par son humour bien connu, même aux portes de la mort. Tel est le but où
le conduisit sa passion pour la vérité. On ne peut séparer l'homme de Dieu, ni la politique de la morale; telle est la lumière
qui éclaira sa conscience. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire,« l'homme est une créature de Dieu, et c'est pourquoi
les droits de l'homme ont en Dieu leur origine, ils reposent dans le dessein de la création et ils entrent dans le plan de
la rédemption. On pourrait presque dire, d'une façon audacieuse, que les droits de l'homme sont aussi les droits de Dieu»
(Discours du 7 avril 1998 aux participants à la Rencontre universitaire internationale UNIV'98).
Et c'est précisément dans la défense des droits de la conscience que l'exemple de Thomas More brilla d'une lumière intense.
On peut dire qu'il vécut d'une manière singulière la valeur d'une conscience morale qui est « témoignage de Dieu lui-même,
dont la voix et le jugement pénètrent l'intime de l'homme jusqu'aux racines de son âme » (encyclique Veritatis splendor, 58),
même si, en ce qui concerne l'action contre les hérétiques, il fut tributaire des limites de la culture de son temps. Le
concile oecuménique Vatican II, dans la constitution Gaudium et spes, remarque que, dans le monde contemporain, grandit «
la conscience de l'éminente dignité qui revient à la personne humaine, du fait qu'elle l'emporte sur toute chose et que ses
droits et devoirs sont universels et inviolables » (n. 26). L'histoire de saint Thomas More illustre clairement une vérité
fondamentale de l'éthique politique. En effet, la défense de la liberté de l'Église contre des ingérences indues de l'État
est en même temps défense, au nom de la primauté de la conscience, de la liberté de la personne par rapport au pouvoir politique.
C'est là le principe fondamental de tout ordre civil, conforme â la nature de l'homme.
5. Je suis donc certain que l'élévation de l'éminente
figure de saint Thomas More au rang de Patron des responsables de gouvernement et des hommes politiques pourvoira au
bien de la société. C'est là d'ailleurs une initiative qui est en pleine syntonie avec l'esprit du grand jubilé, qui
conduit au troisième millénaire chrétien.
En conséquence, après mûre considération, accueillant voloniersles demandes
qui m'ont été adressées, j'établis et je déclare Patron céleste des responsables de gouvernement et des hommes politiques
saint Thomas More, et je décide que doivent lui être attribués tous les honneurs et les privilèges liturgiques qui reviennent,
selon le droit, aux Patrons de catégories de personnes.
Béni et glorifié soit Jésus-Christ, Rédempteur de l'homme, hier aujourd'hui
et à jamais. Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 31 octobre 2000, en la- vingt troisième année de mon Pontificat.
JEAN-PAUL II
APOSTOLIC LETTER ISSUED MOTU PROPRIO PROCLAIMING SAINT THOMAS
MORE PATRON OF STATESMEN AND POLITICIANS
POPE JOHN PAUL II FOR PERPETUAL REMEMBRANCE
1. The life and martyrdom of Saint Thomas More have been the source of a
message which spans the centuries and which speaks to people everywhere of the inalienable dignity of the human conscience,
which, as the Second Vatican Council reminds us, is "the most intimate centre and sanctuary of a person, in which he or she
is alone with God, whose voice echoes within them" (Gaudium et Spes, 16). Whenever men or women heed the call of truth,
their conscience then guides their actions reliably towards good. Precisely because of the witness which he bore, even at
the price of his life, to the primacy of truth over power, Saint Thomas More is venerated as an imperishable example of moral
integrity. And even outside the Church, particularly among those with responsibility for the destinies of peoples, he is acknowledged
as a source of inspiration for a political system which has as its supreme goal the service of the human person.
Recently, several Heads of State and of Government, numerous political figures,
and some Episcopal Conferences and individual Bishops have asked me to proclaim Saint Thomas More the Patron of Statesmen
and Politicians. Those supporting this petition include people from different political, cultural and religious allegiances,
and this is a sign of the deep and widespread interest in the thought and activity of this outstanding Statesman.
2. Thomas More had a remarkable political career in his native land. Born
in London in 1478 of a respectable family, as a young boy he was placed in the service of the Archbishop of Canterbury, John
Morton, Lord Chancellor of the Realm. He then studied law at Oxford and London, while broadening his interests in the spheres
of culture, theology and classical literature. He mastered Greek and enjoyed the company and friendship of important figures
of Renaissance culture, including Desiderius Erasmus of Rotterdam.
His sincere religious sentiment led him to pursue virtue through the assiduous
practice of asceticism: he cultivated friendly relations with the Observant Franciscans of the Friary at Greenwich, and for
a time he lived at the London Charterhouse, these being two of the main centres of religious fervour in the Kingdom. Feeling
himself called to marriage, family life and dedication as a layman, in 1505 he married Jane Colt, who bore him four children.
Jane died in 1511 and Thomas then married Alice Middleton, a widow with one daughter. Throughout his life he was an affectionate
and faithful husband and father, deeply involved in his children’s religious, moral and intellectual education. His
house offered a welcome to his children’s spouses and his grandchildren, and was always open to his many young friends
in search of the truth or of their own calling in life. Family life also gave him ample opportunity for prayer in common and
lectio divina, as well as for happy and wholesome relaxation. Thomas attended daily Mass in the parish church, but the austere
penances which he practised were known only to his immediate family.
3. He was elected to Parliament for the first time in 1504 under King Henry
VII. The latter’s successor Henry VIII renewed his mandate in 1510, and even made him the Crown’s representative
in the capital. This launched him on a prominent career in public administration. During the following decade the King sent
him on several diplomatic and commercial missions to Flanders and the territory of present-day France. Having been made a
member of the King’s Council, presiding judge of an important tribunal, deputy treasurer and a knight, in 1523 he became
Speaker of the House of Commons.
Highly esteemed by everyone for his unfailing moral integrity, sharpness
of mind, his open and humorous character, and his extraordinary learning, in 1529 at a time of political and economic crisis
in the country he was appointed by the King to the post of Lord Chancellor. The first layman to occupy this position, Thomas
faced an extremely difficult period, as he sought to serve King and country. In fidelity to his principles, he concentrated
on promoting justice and restraining the harmful influence of those who advanced their own interests at the expense of the
weak. In 1532, not wishing to support Henry VIII’s intention to take control of the Church in England, he resigned.
He withdrew from public life, resigning himself to suffering poverty with his family and being deserted by many people who,
in the moment of trial, proved to be false friends.
Given his inflexible firmness in rejecting any compromise with his own conscience,
in 1534 the King had him imprisoned in the Tower of London, where he was subjected to various kinds of psychological pressure.
Thomas More did not allow himself to waver, and he refused to take the oath requested of him, since this would have involved
accepting a political and ecclesiastical arrangement that prepared the way for uncontrolled despotism. At his trial, he made
an impassioned defence of his own convictions on the indissolubility of marriage, the respect due to the juridical patrimony
of Christian civilization, and the freedom of the Church in her relations with the State. Condemned by the Court, he was beheaded.
With the passing of the centuries discrimination against the Church diminished.
In 1850 the English Catholic Hierarchy was re-established. This made it possible to initiate the causes of many martyrs. Thomas
More, together with 53 other martyrs, including Bishop John Fisher, was beatified by Pope Leo XIII in 1886. And with John
Fisher, he was canonized by Pius XI in 1935, on the fourth centenary of his martyrdom.
4. There are many reasons for proclaiming Thomas More Patron of statesmen
and people in public life. Among these is the need felt by the world of politics and public administration for credible role
models able to indicate the path of truth at a time in history when difficult challenges and crucial responsibilities are
increasing. Today in fact strongly innovative economic forces are reshaping social structures; on the other hand, scientific
achievements in the area of biotechnology underline the need to defend human life at all its different stages, while the promises
of a new society — successfully presented to a bewildered public opinion — urgently demand clear political decisions
in favour of the family, young people, the elderly and the marginalized.
In this context, it is helpful to turn to the example of Saint Thomas More,
who distinguished himself by his constant fidelity to legitimate authority and institutions precisely in his intention to
serve not power but the supreme ideal of justice. His life teaches us that government is above all an exercise of virtue.
Unwavering in this rigorous moral stance, this English statesman placed his own public activity at the service of the person,
especially if that person was weak or poor; he dealt with social controversies with a superb sense of fairness; he was vigorously
committed to favouring and defending the family; he supported the all-round education of the young. His profound detachment
from honours and wealth, his serene and joyful humility, his balanced knowledge of human nature and of the vanity of success,
his certainty of judgement rooted in faith: these all gave him that confident inner strength that sustained him in adversity
and in the face of death. His sanctity shone forth in his martyrdom, but it had been prepared by an entire life of work devoted
to God and neighbour.
Referring to similar examples of perfect harmony between faith and action,
in my Post-Synodal Apostolic Exhortation Christifideles Laici I wrote: "The unity of life of the lay faithful is of
the greatest importance: indeed they must be sanctified in everyday professional and social life. Therefore, to respond to
their vocation, the lay faithful must see their daily activities as an occasion to join themselves to God, fulfil his will,
serve other people and lead them to communion with God in Christ" (No. 17).
This harmony between the natural and the supernatural is perhaps the element
which more than any other defines the personality of this great English statesman: he lived his intense public life with a
simple humility marked by good humour, even at the moment of his execution.
This was the height to which he was led by his passion for the truth. What
enlightened his conscience was the sense that man cannot be sundered from God, nor politics from morality. As I have already
had occasion to say, "man is created by God, and therefore human rights have their origin in God, are based upon the design
of creation and form part of the plan of redemption. One might even dare to say that the rights of man are also the rights
of God" (Speech, 7 April 1998).
And it was precisely in defence of the rights of conscience that the example
of Thomas More shone brightly. It can be said that he demonstrated in a singular way the value of a moral conscience which
is "the witness of God himself, whose voice and judgment penetrate the depths of man’s soul" (Encyclical Letter Veritatis
Splendor, 58), even if, in his actions against heretics, he reflected the limits of the culture of his time.
In the Constitution Gaudium et Spes, the Second Vatican Council notes
how in the world today there is "a growing awareness of the matchless dignity of the human person, who is superior to all
else and whose rights and duties are universal and inviolable" (No. 26). The life of Saint Thomas More clearly illustrates
a fundamental truth of political ethics. The defence of the Church’s freedom from unwarranted interference by the State
is at the same time a defence, in the name of the primacy of conscience, of the individual’s freedom vis-à-vis political
power. Here we find the basic principle of every civil order consonant with human nature.
5. I am confident therefore that the proclamation of the outstanding figure
of Saint Thomas More as Patron of Statesmen and Politicians will redound to the good of society. It is likewise a gesture
fully in keeping with the spirit of the Great Jubilee which carries us into the Third Christian Millennium.
Therefore, after due consideration and willingly acceding to the petitions
addressed to me, I establish and declare Saint Thomas More the heavenly Patron of Statesmen and Politicians, and I decree
that he be ascribed all the liturgical honours and privileges which, according to law, belong to the Patrons of categories
of people.
Blessed and glorified be Jesus Christ, the Redeemer of man, yesterday, today
and for ever.
Given at Saint Peter’s, on the thirty-first day of October
in the year 2000, the twenty-third of my Pontificate.
IOANNES PAULUS PP. II
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LETTERA APOSTOLICA IN FORMA DI MOTU PROPRIO PER LA PROCLAMAZIONE DI SAN TOMMASO MORO PATRONO DEI GOVERNANTI E DEI POLITICI
GIOVANNI PAOLO PP. II A PERPETUA MEMORIA
1. Dalla vita e dal martirio di san Tommaso Moro scaturisce un messaggio che attraversa
i secoli e parla agli uomini di tutti i tempi della dignità inalienabile della coscienza, nella quale, come ricorda il Concilio
Vaticano II, risiede "il nucleo più segreto e il sacrario dell'uomo, dove egli si trova solo con Dio, la cui voce risuona
nella sua intimità" (Gaudium et spes, 16). Quando l'uomo e la donna ascoltano il richiamo della verità, allora la coscienza
orienta con sicurezza i loro atti verso il bene. Proprio per la testimonianza, resa fino all'effusione del sangue, del primato
della verità sul potere, san Tommaso Moro è venerato quale esempio imperituro di coerenza morale. E anche al di fuori della
Chiesa, specie fra coloro che sono chiamati a guidare le sorti dei popoli, la sua figura viene riconosciuta quale fonte di
ispirazione per una politica che si ponga come fine supremo il servizio alla persona umana.
Di recente, alcuni Capi di Stato e di Governo, numerosi esponenti politici, alcune
Conferenze Episcopali e singoli Vescovi mi hanno rivolto petizioni a favore della proclamazione di san Tommaso Moro quale
Patrono dei Governanti e dei Politici. Tra i firmatari dell'istanza vi sono personalità di varia provenienza politica, culturale
e religiosa, a testimonianza del vivo e diffuso interesse per il pensiero ed il comportamento di questo insigne Uomo di governo.
2. Tommaso Moro visse una straordinaria carriera politica nel suo Paese. Nato a
Londra nel 1478 da rispettabile famiglia, fu posto, sin da giovane al servizio dell'Arcivescovo di Canterbury Giovanni Morton,
Cancelliere del Regno. Proseguì poi gli studi in legge ad Oxford e a Londra, allargando i suoi interessi ad ampi settori della
cultura, della teologia e della letteratura classica. Imparò a fondo il greco ed entrò in rapporto di scambio e di amicizia
con importanti protagonisti della cultura rinascimentale, tra cui Erasmo Desiderio da Rotterdam.
La sua sensibilità religiosa lo portò alla ricerca della virtù attraverso un’assidua
pratica ascetica: coltivò rapporti di amicizia con i frati minori osservanti del convento di Greenwich e alloggiò per un certo
tempo presso la certosa di Londra, due dei principali centri di fervore religioso nel Regno. Sentendosi chiamato al matrimonio,
alla vita familiare e all'impegno laicale, egli sposò nel 1505 Giovanna Colt dalla quale ebbe quattro figli. Giovanna morì
nel 1511 e Tommaso sposò in seconde nozze Alicia Middleton, una vedova con figlia. Fu per tutta la sua vita marito e padre
affezionato e fedele, intimamente impegnato nell'educazione religiosa, morale e intellettuale dei figli. La sua casa accoglieva
generi, nuore e nipoti, e rimaneva aperta per molti giovani amici alla ricerca della verità o della propria vocazione. La
vita di famiglia lasciava, per altro, ampio spazio alla preghiera comune e alla lectio divina, come pure a sane forme di ricreazione
domestica. Tommaso partecipava alla Messa quotidianamente nella chiesa parrocchiale, ma le austere penitenze che adottava
erano conosciute solo dai suoi familiari più intimi.
3. Nel 1504, sotto il re Enrico VII, venne eletto per la prima volta al parlamento.
Enrico VIII gli rinnovò il mandato nel 1510, e lo costituì pure rappresentante della Corona nella capitale, aprendogli una
carriera di spicco nell'amministrazione pubblica. Nel decennio successivo, il re lo inviò a varie riprese in missioni diplomatiche
e commerciali nelle Fiandre e nel territorio dell'odierna Francia. Fatto membro del Consiglio della Corona, giudice presidente
di un tribunale importante, vice-tesoriere e cavaliere, divenne nel 1523 portavoce, cioè presidente, della Camera dei Comuni.
Universalmente stimato per l'indefettibile integrità morale, l'acutezza dell'ingegno,
il carattere aperto e scherzoso, la straordinaria erudizione, nel 1529, in un momento di crisi politica ed economica del Paese,
fu nominato dal re Cancelliere del regno. Primo laico a ricoprire questa carica, Tommaso affrontò un periodo estremamente
difficile, sforzandosi di servire il re e il Paese. Fedele ai suoi principi si impegnò a promuovere la giustizia e ad arginare
l'influsso deleterio di chi perseguiva i propri interessi a spese dei deboli. Nel 1532, non volendo dare il proprio appoggio
al disegno di Enrico VIII che voleva assumere il controllo sulla Chiesa in Inghilterra, rassegnò le dimissioni. Si ritirò
dalla vita pubblica, accettando di soffrire con la sua famiglia la povertà e l’abbandono di molti che, nella prova,
si rivelarono falsi amici.
Costatata la sua irremovibile fermezza nel rifiutare ogni compromesso con la propria
coscienza, il re, nel 1534, lo fece imprigionare nella Torre di Londra, ove fu sottoposto a varie forme di pressione psicologica.
Tommaso Moro non si lasciò piegare e rifiutò di prestare il giuramento che gli si chiedeva, perché avrebbe comportato l'accettazione
di un assetto politico ed ecclesiastico che preparava il terreno ad un dispotismo senza controllo. Nel corso del processo
intentatogli pronunciò un'appassionata apologia delle proprie convinzioni circa l'indissolubilità del matrimonio, il rispetto
del patrimonio giuridico ispirato ai valori cristiani, la libertà della Chiesa di fronte allo Stato. Condannato dal Tribunale,
venne decapitato.
Col passare dei secoli si attenuò la discriminazione nei confronti della Chiesa.
Nel 1850 fu ricostituita in Inghilterra la gerarchia cattolica. Fu così possibile avviare le cause di canonizzazione di numerosi
martiri. Tommaso Moro insieme a 53 altri martiri, tra i quali il Vescovo Giovanni Fisher, fu beatificato dal Papa Leone XIII
nel 1886. Insieme allo stesso Vescovo fu poi canonizzato da Pio XI nel 1935, nella ricorrenza del quarto centenario del martirio.
4. Molte sono le ragioni a favore della proclamazione di san Tommaso Moro a Patrono
dei Governanti e dei Politici. Tra queste, il bisogno che il mondo politico e amministrativo avverte di modelli credibili,
che mostrino la via della verità in un momento storico in cui si moltiplicano ardue sfide e gravi responsabilità. Oggi, infatti,
fenomeni economici fortemente innovativi stanno modificando le strutture sociali; d’altra parte, le conquiste scientifiche
nel settore delle biotecnologie acuiscono l’esigenza di difendere la vita umana in tutte le sue espressioni, mentre
le promesse di una nuova società, proposte con successo ad un’opinione pubblica frastornata, richiedono con urgenza
scelte politiche chiare a favore della famiglia, dei giovani, degli anziani e degli emarginati.
In questo contesto, giova riandare all'esempio di san Tommaso Moro, il quale si
distinse per la costante fedeltà all’autorità e alle istituzioni legittime proprio perché, in esse, intendeva servire
non il potere, ma l'ideale supremo della giustizia. La sua vita ci insegna che il governo è anzitutto esercizio di virtù.
Forte di tale rigoroso impianto morale, lo Statista inglese pose la propria attività pubblica al servizio della persona, specialmente
se debole o povera; gestì le controversie sociali con squisito senso d'equità; tutelò la famiglia e la difese con strenuo
impegno; promosse l'educazione integrale della gioventù. Il profondo distacco dagli onori e dalle ricchezze, l'umiltà serena
e gioviale, l'equilibrata conoscenza della natura umana e della vanità del successo, la sicurezza di giudizio radicata nella
fede, gli dettero quella fiduciosa fortezza interiore che lo sostenne nelle avversità e di fronte alla morte. La sua santità
rifulse nel martirio, ma fu preparata da un'intera vita di lavoro nella dedizione a Dio e al prossimo.
Accennando a simili esempi di perfetta armonia fra fede e opere, nell'Esortazione
apostolica post-sinodale Christifideles laici ho scritto che "l'unità della vita dei fedeli laici è di grandissima
importanza: essi, infatti, devono santificarsi nell'ordinaria vita professionale e sociale. Perché possano rispondere alla
loro vocazione, dunque, i fedeli laici debbono guardare alle attività della vita quotidiana come occasione di unione con Dio
e di compimento della sua volontà, e anche di servizio agli altri uomini" (n. 17).
Quest'armonia fra il naturale e il soprannaturale costituisce forse l'elemento che
più di ogni altro definisce la personalità del grande Statista inglese: egli visse la sua intensa vita pubblica con umiltà
semplice, contrassegnata dal celebre "buon umore", anche nell'imminenza della morte.
Questo il traguardo a cui lo portò la sua passione per la verità. L'uomo non si
può separare da Dio, né la politica dalla morale: ecco la luce che ne illuminò la coscienza. Come ho già avuto occasione di
dire, "l'uomo è creatura di Dio, e per questo i diritti dell'uomo hanno in Dio la loro origine, riposano nel disegno della
creazione e rientrano nel piano della redenzione. Si potrebbe quasi dire, con espressione audace, che i diritti dell'uomo
sono anche i diritti di Dio" (Discorso, 7.4.1998).
E fu proprio nella difesa dei diritti della coscienza che l'esempio di Tommaso Moro
brillò di luce intensa. Si può dire che egli visse in modo singolare il valore di una coscienza morale che è "testimonianza
di Dio stesso, la cui voce e il cui giudizio penetrano l'intimo dell'uomo fino alle radici della sua anima" (Lett. enc. Veritatis
splendor, 58), anche se, per quanto concerne l'azione contro gli eretici, subì i limiti della cultura del suo tempo.
Il Concilio Ecumenico Vaticano II, nella Costituzione Gaudium et spes, nota
come nel mondo contemporaneo stia crescendo "la coscienza della esimia dignità che compete alla persona umana, superiore a
tutte le cose, e i cui diritti e doveri sono universali e inviolabili" (n. 26). La vicenda di san Tommaso Moro illustra con
chiarezza una verità fondamentale dell'etica politica. Infatti la difesa della libertà della Chiesa da indebite ingerenze
dello Stato è allo stesso tempo difesa, in nome del primato della coscienza, della libertà della persona nei confronti del
potere politico. In ciò sta il principio basilare di ogni ordine civile conforme alla natura dell'uomo.
5. Confido, pertanto, che l'elevazione dell'esimia figura di san Tommaso Moro a
Patrono dei Governanti e dei Politici giovi al bene della società. È questa, peraltro, un'iniziativa in piena sintonia con
lo spirito del Grande Giubileo, che ci immette nel terzo millennio cristiano.
Pertanto, dopo matura considerazione, accogliendo volentieri le richieste rivoltemi,
costituisco e dichiaro celeste Patrono dei Governanti e dei Politici san Tommaso Moro, concedendo che gli vengano tributati
tutti gli onori e i privilegi liturgici che competono, secondo il diritto, ai Patroni di categorie di persone.
Sia benedetto e glorificato Gesù Cristo, Redentore dell'uomo, ieri, oggi e sempre.
Dato a Roma, presso san Pietro, il giorno 31 ottobre dell’anno 2000, ventitreesimo
di Pontificato.
IOANNES PAULUS PP. II
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| SAINT THOMAS MORE ET SA FILLE MEG ROPER |
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| SAINT THOMAS MORE AND HIS DAUGHTER MEG ROPER |
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