RAIMOND II TRENCAVEL (1107-1167)
Fils unique de Raimond Roger Trencavel et d'Agnès de Montpellier.
Vicomte de Béziers, Carcassonne, du Razès et d'Albi.
Raimond était âgé seulement de deux ans, lorsque les croisés firent le siège de
la ville de Carcassonne, alors tenue par son père Raimond-Roger Trencavel en 1209. A la prise de la ville, Simon de Montfort,
chef militaire de la croisade, fit emprisonner Raimond-Roger dans ses propres cachots. A la mort du jeune vicomte le
10 novembre1209, Simon de Montfort, qui briguait les territoires Trencavel, fit signer à Agnès de Montpellier, l'épouse du
défunt, une renonciation sur ses droits ainsi que ceux de son fils. En contrepartie, elle reçut une rente viagère de trois
mille sous et le remboursement sur un an, réalisé en quatre versements, de sa dot se montant à vingt-cinq mille sous. Raimond fut
alors confié à la tutelle du comte Raymond-Roger de Foix.
Raimond prit une part active à la reconquête occitane menée par Raymond VII de Toulouse.
En effet, à partir de 1216, le pays se soulèva face au joug imposé par Simon de Montfort. Le bourreau de l'Occitanie
fut tué lors du siège de Toulouse en 1218. Son fils et successeur Amaury fut
incapable de faire face à cette révolte générale et dut restituer peu à peu les terres conquises lors de la croisade
contre les Albigeois. En 1224, Carcassonne fut reprise et Raymond VII offrit la ville à son possesseur légitime :
Raimond II Trencavel.
Le vicomte la conserva jusqu'en 1226, année où Louis VIII vint soumettre la ville
à nouveau. Cette dépossession fut enterrinée par le traité de Meaux-Paris en 1229 qui fit de la ville un sénéchaussée royale.
Raimond II dut s'exiler à la cours du roi d'Aragon.
En 1240, Raimond II, qui possédait encore de nombreux contacts dans le pays, décida
de reprendre la cité de Carcassonne, avec l'aide d'Olivier de Termes. Le 17 septembre, profitant de la complicité de
la noblesse locale et des habitants des faubourgs de la ville, il mit le siège devant la cité. Les combats durèrent
25 jours et furent sans merci. Alors que la cité allait tomber aux mains des faydits* qui accompagnaient Raimond II, l'armée
royale arriva pour secourir la cité. Le 11 octobre, Raimond dut se replier en toute urgence. Il se rendit alors à
Montréal où il fut poursuivi et assiégé à son tour. Il réussit à s'échapper et, pour la seconde fois s'exila en
Aragon.
En 1246, Raimond II se vit contraint de renoncer à ses droits. L'année suivante,
il brisa son sceau de vicomte de Béziers et Carcassonne en soumission au roi de France Louis IX (futur Saint Louis). Il fit
plus tard partie de la septième croisade. Le dernier acte connu le concernant date de 1263. On suppose qu'il mourut avant
1267, date à laquelle son fils Roger est mentionné sous le titre de Roger de Béziers, fils de Trencavel, dit vicomte
de Béziers.